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La vie parisienne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrator   
12-02-2009

1866. Paris est plus que jamais la ville des plaisirs. La capitale prépare l’exposition de 1867 et s’apprête à accueillir des " flottes de nababs " (Daudet)

Jacques Offenbach est au sommet de sa gloire. Il vient de remporter, avec ses complices habituels, Meilhac et Halévy, deux triomphes sur la scène des Variétés avec La Belle Hélène et Barbe-Bleue. Le trio prépare La Grande Duchesse de Gérolstein en vue, justement, de l’exposition. Et de refuser les demandes alléchantes de directeurs qui cherchent comment divertir les nombreux visiteurs attendus…

Plunkett, le directeur du théâtre du Palais Royal a l’idée de produire une sorte de vaudeville à couplets, selon la tradition de la maison, qui serait une caricature de la société parisienne. Le titre est même trouvé. Ce sera La Vie Parisienne. Il soumet son projet à Offenbach et ses auteurs habituels : les trois hommes sont enthousiasmés.

Une ombre au tableau : l’ouvrage devra être interprété par les comédiens habituels du théâtre, qui ne sont guère préparés à chanter une véritable partition : " Si mesdemoiselles Honorine, Paurelle et Montaland, charmantes étoiles de la troupe, sont capables d’interpréter des couplets pas trop difficiles, on ne peut en dire autant de Jules Brasseur (l’ancêtre de tous les Brasseurs " à la voix graillonneuse, de l’irrésistible Hyacinthe au timbre… détimbré ou de Gil Pérès, jeune premier, dont le filet vocal passe timidement la rampe ! " (1)

Offenbach réussit tout de même à faire engager Zulma Bouffar pour qui il pourra écrire le rôle de Gabrielle sans contraintes.

Au cours des répétitions, les comédiens du théâtre prennent peur et finissent par créer un climat d’inquiétude. Comme d’habitude, seul Offenbach reste confiant et il a raison : la première, le 31 octobre 1866, est triomphale…

Dans ses ouvrages précédents, Orphée aux Enfers et La Belle Hélène, Offenbach et ses auteurs se moquaient déjà de la société du Second Empire. Mais le choix de l’Antiquité comme toile de fond de l’action émoussait un peu les critiques. Dans La Vie Parisienne, par contre, les personnages sont contemporains, la caricature est sans complaisance. " Le livret écrit par Meilhac et Halévy est une remarquable photographie du Paris de 1866 " écrit Jean-Claude Yon dans son " Jacques Offenbach " (2)

À la création, l’ouvrage comportait 5 actes. En 1873, les auteurs présentèrent, aux Variétés, une version en 4 actes.

La Vie Parisienne se joue pour la première série 265 fois consécutives (très gros succès pour l’époque). Elle conquiert la province et le monde entier. Elle sera toujours à l’affiche lors de l’ouverture de l’Exposition Universelle qui ouvre ses portes le 1er avril 1867. La première représentation triomphale de La Grande Duchesse de Gérolstein a lieu le 12 avril 1867. Mais ceci est une autre histoire...

Après Paris, La Vie Parisienne conquiert la province, Vienne, Berlin, et bientôt le monde entier.

La Vie Parisienne est sans doute l’ouvrage d’Offenbach qui a totalisé le plus de représentations. Parmi les reprises parisiennes, on, citera :

Quatre reprises au théâtre des Variétés (1892, 1896, 1904, 1911) avec des interprètes qui avaient pour nom, Mlle Méaly, Germaine Gallois, Albert Brasseur, Baron, Eve Lavallière, Anna Tariol-Baugé et même Mistinguett (1911)

L’ouvrage est donné à Mogador en 1931 avec Jane Marnac, Danièle Brégis, Rose Carday, Jeanne Saint-Bonnet, Max Dearly, Félix Oudart, Henri Laverne, Dréan.

La version donnée au Palais-Royal par la compagnie Renaud-Barrault en 1958 a fait date dans l’histoire de l’opérette. La mise en scène de Jean-Louis Barrault, l’excellence des comédiens-chanteurs (Simone Valère), Suzy Delair (comme Zulma Bouffar à la création, la seule chanteuse lyrique ", Madeleine Renaud, Pierre Bertin, Jean-Pierre Granval, Jean Desailly, Jean Parédès, Georges Aminel ont fait du spectacle un triomphe et ont sans doute contribué au " retour en grâce " d’Offenbach qui, depuis un certain temps, était délaissé par les scènes françaises.

On citera encore à Paris la version de Jean Marsan et Raymond Vogel à l’Opéra Comique (1974) avec Nicole Broissin, Danièle Millet, Christiane Harbell, Madeleine Vernon, Michel Caron, Henri Gui, Jacques Mareuil, Jean-Marc Recchia, Luc Barney ; celle donnée en 1981 pour la réouverture du Châtelet, en 1985 au théâtre de Paris, en 1990 salle Favart, en 1997 au Palais Omnisport de Bercy et à la Comédie Française (version de Daniel Mesguich qui fut l’objet de controverses), en 2002 à l’Opéra-Comique, mise en scène de Jérôme Savary (3).

1 - Guy Lafarge dans " Opérette " n° 37
2 - Editions Gallimard
3 - Les versions données à Paris à partir de 1980 font l’objet d’articles complets dans la revue " Opérette "

(d’ après ANAO-Opérette, 62 rue Blanche, 75009 Paris)

 
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